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Le parfum
Extrait de "Le parfum" de Patrick SUSKIND


Le 1er septembre 1753, anniversaire de l'accession au trône de Louis XV, Grenouille assiste à un feu d'artifice tiré depuis le pont royal. Il est irrésistiblement attiré par un parfum délicieux inconnu jusqu'alors :

" Il s'apprêtait déjà à tourner le dos à cet ennuyeux spectacle, pour rentrer en suivant la galerie du Louvre, lorsque le vent lui apporta quelque chose : quelque chose de minuscule , d'à peine perceptible, une miette infime , un atome d'odeur et même moins encore, plutôt le pressentiment d'un parfum, qu'un parfum réel, et pourtant en même temps le pressentiment infaillible de quelque chose qu'il n'avait jamais senti."

Il suit ce magnifique parfum à la trace . Celui-ci le conduit à travers des ruelles de Paris jusque dans la rue des Marais. Il découvre une jeune fille rousse : Pour Grenouille, il fut clair que sans la possession de ce parfum, sa vie n'aurait plus de sens.

" Voulant à tout prix posséder ce parfum, il étrangle la fille et lui arrache ses vêtements pour pouvoir s'imprégner jusqu'à l'ivresse de son parfum".

Cette rencontre va donner un sens à sa vie :

" Il fallait qu'il soit un créateur de parfums. Et pas n'importe lequel. Le plus grand parfumeur de tous les temps."

Vingt-six adolescentes ont été ainsi assassinées froidement et de la même façon (à l' exception de la première car le meurtrier n'avait pas encore réfléchi à la meilleure façon d'agir). L'assassin, Grenouille, les frappait d'un coup de gourdin, puis les déshabillait entièrement et leur rasait le crâne. Il les enveloppait dans un tissu, attendait toute une nuit et à l'aube, prenait le drap, les vêtements de ces jeunes filles ainsi que leurs cheveux. Enfin, il s'en allait. Son choix se portait en général sur des filles brunes " de type bien marqué ", assez grandes et aux cheveux longs. Mais il a fait des exceptions en tuant aussi une fille rousse et une autre aux cheveux clairs. Ces adolescentes avaient entre 15 et 18 ans et venaient presque toutes de Grasse. Elles se différenciaient peut-être par la couleur de leurs yeux, mais pour Grenouille, elles se ressemblaient toutes parce qu'elles satisfaisaient à son plaisir olfactif. En fait, il ne prenait même pas le temps d'admirer leur visage magnifique car il ne se fiait qu'à son odorat.
La dernière victime était sans conteste la plus belle de toutes et aussi la plus protégée du meurtrier puisque le père l'avait éloignée de la ville où se produisaient les crimes. Âgée de seize ans, les cheveux roux et les yeux verts, elle se nommait Laure Richis. Son assassinat permit la consécration finale de la recherche de Grenouille parce que cette jeune fille possédait la plus exquise et la plus exceptionnelle de toutes les auras féminines que Grenouille voulait réunir dans un même parfum.

Un tel connaisseur de parfums de femmes, qui reconnaît la suprématie des rousses, dans ce domaine, ne peut pas être foncièrement mauvais !
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Commentaire de Paul Mombelli
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