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"Les enchanteurs", Romain GARY
Fosco, issu de la vieille famille des enchanteurs et autres saltimbanques, tombe follement amoureux de sa très jeune et vénitienne belle-mère. Désormais chargé d'amour (qu'on pourrait aussi appeler imagination), il ne peut que traverser les siècles.
De grands yeux verts qui me parlent de nos lagunes vénitiennes ; sur ma joue, la caresse des cheveux roux que la lumière semble compter de ses doigts avides et sur mes lèvres, un baiser qui était sans doute bien innocent, mais qui mit pourtant fin à mon innocence et marqua pour moi le commencement d'une quête qui ne devait jamais cesser.
C'est ainsi que je suis né, à l'âge de douze ans et sept mois.
Pendant toute la journée, ce ne furent que des "och" et des "ach" ! accompagnés par ce geste de main: jointes et à demi levées au ciel, par lequel le peuple russe, tout aussi porté aux délices et aux excès de l'expression que le nôtre, manifeste sa surprise, son inquiétude et sa commisération. La barinva n'avait qui seize ans ! Une enfant !

"Le livre fleure bon la Russie et l'Italie de Casanova. (...) On y trouve intimement mêlés la musique mozartienne de La Chartreuse et le petit violon juif lithuanien, la part slave de l'auteur. Tout ce que son art pouvait offrir de meilleur, de plus tendre et de plus fort contre l'invasion du réel. Quand Malraux lui écrivit pour lui dire qu'il ne pensait pas qu'on puisse encore faire un tel livre, il y trouva une preuve de sa réussite. Il venait de faire le roman de son obsession majeure : un roman plus fort que la vie, grâce à l'art."

Paul Pavlowitch, L'homme que l'on croyait
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Commentaire de Paul Mombelli
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